Le Vietnam, cette nation en forme de S qui s’étire majestueusement le long de la côte orientale de l’Asie du Sud-Est, partage ses frontières maritimes avec l’une des zones océaniques les plus stratégiques au monde. Cette étendue d’eau cristalline, riche en biodiversité et en ressources naturelles, constitue bien plus qu’une simple limite géographique pour ce pays de 98 millions d’habitants. Elle représente le poumon économique, la source de subsistance et l’identité culturelle d’une nation dont 80% de la population vit sur le littoral. La mer qui borde le Vietnam influence profondément son climat tropical, ses traditions culinaires, ses activités économiques et même ses enjeux géopolitiques contemporains.

Mer de chine méridionale : frontière maritime orientale du vietnam

La mer de Chine méridionale constitue la principale frontière maritime du Vietnam, s’étendant sur toute la côte orientale du pays. Cette vaste étendue d’eau, que les Vietnamiens appellent préférentiellement « Mer de l’Est » (Biển Đông), couvre une superficie totale d’environ 3,5 millions de kilomètres carrés. Cette dénomination reflète une volonté de neutralité géopolitique, évitant ainsi toute connotation d’appartenance territoriale que pourrait suggérer le terme « mer de Chine méridionale ».

Cette mer semi-fermée représente l’un des corridors maritimes les plus fréquentés au monde, avec près de 30% du commerce maritime mondial qui y transite annuellement. Pour le Vietnam spécifiquement, elle constitue une voie d’accès essentielle vers les marchés internationaux, reliant l’Asie à l’Europe via le Moyen-Orient. Les eaux vietnamiennes de cette mer abritent des ressources énergétiques considérables, avec des réserves estimées à 11 milliards de barils de pétrole et 54 milliards de mètres cubes de gaz naturel selon l’US Energy Information Agency.

Délimitation géographique du golfe du tonkin au delta du mékong

La délimitation des eaux territoriales vietnamiennes en mer de Chine méridionale s’étend du golfe du Tonkin au nord jusqu’aux embouchures du delta du Mékong au sud. Cette zone maritime couvre une distance côtière de 3 444 kilomètres, incluant les nombreuses baies, estuaires et formations insulaires qui caractérisent le littoral vietnamien. Le plateau continental vietnamien s’étend sur une largeur variable, atteignant jusqu’à 370 kilomètres au large des côtes centrales.

La zone économique exclusive (ZEE) du Vietnam en mer de Chine méridionale s’étend jusqu’à 200 milles marins des côtes, conformément à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM). Cette délimitation permet au pays de revendiquer des droits souverains sur l’exploration et l’exploitation des ressources naturelles, tant vivantes que non-vivantes, présentes dans ces eaux et sur les fonds marins correspondants.

Archipel des paracels et revendications territoriales vietnamiennes

L’archipel des Paracels (Hoàng Sa en vietnamien) constitue l’un des enjeux territoriaux majeurs entre le Vietnam et la Chine en mer de Chine méridionale. Composé de plus de 30 îlots, récifs et bancs de sable, cet archipel se situe à environ 330 kilomètres au sud-est de l’île chinoise de Hainan et à 400 kilomètres à l’est des côtes vietnamiennes. Les eaux

situées autour de cet archipel sont particulièrement poissonneuses et stratégiques pour le contrôle des routes maritimes. Historiquement, le Vietnam affirme y avoir établi et exercé sa souveraineté de manière pacifique, continue et publique depuis plusieurs siècles, y compris à l’époque coloniale où la France, puissance administrante de l’Annam, a pris le relais pour y exercer les droits de souveraineté.

Ces revendications vietnamiennes s’appuient sur de nombreux documents historiques, cartes anciennes et textes administratifs attestant de la présence d’unités de gestion et de défense (flotilles, postes de guet, taxes, sauvetage en mer). Toutefois, la Chine occupe de facto l’archipel depuis 1974, à l’issue d’affrontements armés avec l’ancienne République du Vietnam (Sud-Vietnam). Depuis, Hanoï réaffirme régulièrement sa position en faveur d’un règlement pacifique des différends, dans le respect du droit international, et en particulier de la CNUDM.

Pour le Vietnam, les Paracels ne sont pas seulement un dossier juridique ou diplomatique : ils représentent un enjeu de sécurité nationale, de protection des ressources halieutiques et de contrôle d’une portion clé de la mer de Chine méridionale. La militarisation croissante de certains îlots et la construction d’infrastructures par la Chine (pistes d’aviation, ports, systèmes radars) suscitent de fortes préoccupations à Hanoï comme chez ses partenaires régionaux et internationaux. Dans ce contexte, comprendre quelle mer borde le Vietnam revient aussi à comprendre un espace de tensions, où la souveraineté et la liberté de navigation se croisent au quotidien.

Îles spratly et zone économique exclusive maritime

Plus au sud, l’archipel des Spratly (Trường Sa en vietnamien) constitue un second foyer de tensions en mer de Chine méridionale. Situé à environ 500 kilomètres au large des côtes vietnamiennes, ce chapelet de récifs, d’îlots et d’atolls est revendiqué en tout ou partie par six entités : le Vietnam, la Chine, les Philippines, la Malaisie, le Brunei et Taïwan. Là encore, le Vietnam affirme disposer de titres historiques et juridiques solides, confirmés par des archives et des actes administratifs remontant au XIXᵉ siècle et poursuivis durant la période coloniale française.

Au regard du droit de la mer, la question centrale est de savoir quels éléments des Spratly peuvent générer une zone économique exclusive de 200 milles marins, et lesquels ne peuvent prétendre qu’à une simple mer territoriale de 12 milles. En 2016, la Cour permanente d’arbitrage de La Haye, saisie par les Philippines, a rappelé qu’aucun des éléments des Spratly ne pouvait être considéré comme une « île » au sens de la CNUDM, capable de générer une ZEE propre étendue. Cette décision limite de facto la portée de certaines revendications expansionnistes, même si la Chine rejette ce verdict.

Pour le Vietnam, l’enjeu des Spratly est double. Il s’agit, d’une part, de sécuriser sa zone économique exclusive maritime, où se trouvent d’importants stocks de poissons et de possibles gisements d’hydrocarbures. D’autre part, il s’agit de préserver la liberté de navigation dans un couloir par lequel transitent des flux commerciaux vitaux pour l’économie vietnamienne. Dans ce contexte, Hanoï plaide pour un code de conduite en mer de Chine méridionale, contraignant et conforme à la CNUDM, afin de réduire les risques d’incident en mer.

Plateau continental vietnamien et ressources halieutiques

Le plateau continental vietnamien s’étend largement au large des côtes du centre et du sud du pays, offrant des zones de faible profondeur particulièrement favorables à la pêche et à l’exploration pétrolière et gazière. Sur ce plateau, les écosystèmes marins se développent comme sur une vaste étagère sous-marine, où se mêlent récifs, herbiers et fonds sablo-vaseux. Cette configuration explique en partie pourquoi la mer qui borde le Vietnam est l’une des zones les plus riches en ressources halieutiques d’Asie.

On estime qu’environ 8 % de la production mondiale de pêche commerciale provient de la mer de Chine méridionale, une proportion significative si l’on considère la taille relativement réduite de cette mer par rapport aux grands océans. Pour le Vietnam, la pêche représente un secteur clé : elle emploie directement ou indirectement des millions de personnes et contribue fortement aux exportations, notamment en produits transformés (crevettes, pangasius, thon, calamars). Vous imaginez l’impact économique pour les communautés côtières si ces ressources venaient à se raréfier ?

Parallèlement aux ressources halieutiques, le plateau continental vietnamien recèlerait des réserves importantes de pétrole et de gaz, notamment dans les bassins de Cửu Long et Nam Côn Sơn. L’exploitation de ces gisements, souvent en partenariat avec des compagnies étrangères, suppose toutefois un environnement juridique stable et sécurisé. Les incursions de navires de recherche ou de garde-côtes étrangers dans la ZEE vietnamienne, comme celles observées ces dernières années, rappellent combien la frontière entre exploration économique et pression géopolitique peut être ténue.

Configuration littorale vietnamienne sur 3 444 kilomètres de côtes

Dire que la mer de Chine méridionale borde le Vietnam ne suffit pas à saisir la complexité de son littoral. Sur 3 444 kilomètres de côtes, sans compter les îles, le pays présente une incroyable diversité de paysages : baies karstiques au nord, lagunes et plages de sable fin au centre, deltas luxuriants et îles tropicales au sud. Ce long ruban côtier, comparable à une colonne vertébrale tournée vers la mer, structure l’économie, les échanges et même l’imaginaire collectif vietnamien.

De Hạ Long à Phú Quốc, la côte vietnamienne est ponctuée de ports de pêche, de villes balnéaires, de zones industrielles et de parcs nationaux marins. Chaque région entretient un rapport spécifique à la mer : au nord, elle est souvent perçue comme un espace de travail et de défense ; au centre, comme un horizon touristique et culturel ; au sud, comme une source de fertilité et d’abondance liée au delta du Mékong. Lorsque vous vous demandez « quelle mer borde le Vietnam ? », vous interrogez en réalité une mosaïque de littoraux, chacun avec sa personnalité.

Baie d’halong et formations karstiques du golfe du tonkin

Au nord du pays, la baie d’Halong est sans doute l’illustration la plus spectaculaire de la rencontre entre la terre et la mer de Chine méridionale. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle se compose de milliers de pitons calcaires émergeant d’une eau émeraude, tels des montagnes noyées sculptées par le temps. Ces formations karstiques sont le résultat de millions d’années d’érosion, durant lesquelles l’eau a dissous puis modelé les roches comme un sculpteur patient.

La baie d’Halong n’est pas seulement une carte postale : c’est aussi un microcosme économique et culturel. Des villages de pêcheurs flottants y sont installés depuis des générations, vivant au rythme des marées et des saisons de pêche. Le tourisme, en plein essor, a profondément transformé l’économie locale, entraînant la multiplication des croisières et des infrastructures d’accueil. Vous envisagez de visiter le Vietnam pour ses paysages maritimes ? Une croisière dans le golfe du Tonkin permet de prendre la mesure concrète de ce que signifie être un pays bordé par la mer de Chine méridionale.

À quelques dizaines de kilomètres à l’intérieur des terres, la « baie d’Halong terrestre » de Ninh Bình offre une variation sur le même thème karstique, mais cette fois-ci à travers rizières et rivières intérieures. Cet ensemble rappelle que le golfe du Tonkin est au cœur d’un système paysager où les eaux marines et douces interagissent étroitement, avec des implications importantes pour la biodiversité et les activités humaines.

Plages de da nang et littoral de la mer de chine orientale

En se dirigeant vers le centre du pays, la ligne côtière se fait plus rectiligne et se pare de longues plages de sable blanc, baignées par les eaux chaudes de la mer de Chine méridionale. La région de Đà Nẵng, avec ses plages de Mỹ Khê, Non Nước ou encore Bắc Mỹ An, est souvent citée parmi les plus belles destinations balnéaires d’Asie. Ici, la mer joue un rôle de premier plan dans le développement économique, via le tourisme mais aussi grâce à un port en eau profonde en pleine modernisation.

Le littoral du centre du Vietnam est également caractérisé par la présence de lagunes et d’estuaires, comme la lagune de Lăng Cô ou celles situées près de Huế et Hội An. Ces zones mixtes, à mi-chemin entre eau douce et eau salée, abritent des élevages de crevettes, des parcs à huîtres et une biodiversité spécifique. Comme une grande artère qui irrigue un organisme, la mer de Chine méridionale apporte nutriments, sédiments et courants qui façonnent ces écosystèmes côtiers.

Cependant, ce littoral central est aussi exposé aux aléas climatiques : typhons, vagues de tempête et érosion marine menacent régulièrement les infrastructures en bord de mer. Les autorités vietnamiennes multiplient donc les projets de protection côtière, de reforestation des bandes littorales et de planification urbaine afin de concilier attractivité touristique et résilience face au changement climatique.

Delta du mékong et embouchures fluviales en mer de chine méridionale

À l’extrême sud du pays, le delta du Mékong constitue l’un des plus grands systèmes deltaïques du monde, une véritable mosaïque de canaux, de rizières et de vergers. Les neuf bras principaux du fleuve se jettent dans la mer de Chine méridionale, créant une zone de transition où l’eau douce et l’eau salée se rencontrent. C’est ici que l’on comprend le mieux pourquoi l’on qualifie souvent le delta de « grenier à riz » du Vietnam : la mer, en apportant sédiments et nutriments, contribue indirectement à la fertilité exceptionnelle de la région.

Les embouchures fluviales du Mékong abritent des ports de pêche animés, des marchés flottants et des villages entièrement tournés vers la mer. Au quotidien, les habitants doivent cependant composer avec des phénomènes complexes comme l’intrusion saline dans les canaux, l’érosion côtière ou encore la subsidence des sols. Vous vous demandez comment la mer qui borde le Vietnam influence concrètement la vie des populations ? Dans le delta du Mékong, chaque saison, chaque marée en est une illustration.

À cela s’ajoutent les effets cumulés du changement climatique et des aménagements en amont du fleuve (barrages, dérivations) qui modifient les débits et la quantité de sédiments arrivant à la mer. Les autorités vietnamiennes expérimentent donc des solutions d’adaptation : digues intelligentes, diversification des cultures, aquaculture résiliente, replantation de mangroves protectrices. Le delta du Mékong est ainsi un laboratoire vivant où se joue l’avenir du lien entre la terre, le fleuve et la mer de Chine méridionale.

Îles phu quoc et con dao dans les eaux territoriales vietnamiennes

Au large de la côte sud et sud-ouest, deux archipels retiennent particulièrement l’attention : Phú Quốc, dans le golfe de Thaïlande, et Côn Đảo, plus exposé en mer de Chine méridionale. Phú Quốc, la plus grande île du Vietnam, est devenue en quelques années une destination touristique majeure, grâce à ses plages de sable blanc, ses eaux turquoise et ses récifs coralliens relativement bien préservés. Bien que située dans le golfe de Thaïlande, cette île reste étroitement liée aux dynamiques maritimes de l’ensemble de la région.

Plus à l’est, l’archipel de Côn Đảo se compose d’une quinzaine d’îles et îlots, connus pour leur histoire (anciens bagnes coloniaux) et pour leurs écosystèmes marins protégés. Ici, la mer de Chine méridionale révèle un autre visage : celui d’un sanctuaire pour les tortues marines, les dugongs et de nombreuses espèces de poissons de récif. Le parc national de Côn Đảo met l’accent sur la conservation, en limitant les constructions et en contrôlant strictement les activités touristiques.

Phú Quốc et Côn Đảo incarnent ainsi deux manières complémentaires de valoriser le fait d’être bordé par une mer riche et convoitée : d’un côté, un développement touristique rapide, avec toutes les questions que cela pose en termes d’impacts environnementaux ; de l’autre, une approche plus patrimoniale, centrée sur la protection de la biodiversité et la mémoire historique. Pour les voyageurs, ces îles offrent une porte d’entrée privilégiée pour ressentir la mer de Chine méridionale, non plus seulement comme un concept géographique, mais comme un environnement vivant.

Écosystèmes marins et biodiversité de la mer de chine méridionale

La mer de Chine méridionale qui borde le Vietnam est souvent décrite comme un « hotspot » de biodiversité marine à l’échelle mondiale. On y trouve environ 76 % des espèces de coraux répertoriées sur la planète, des centaines d’espèces de poissons, ainsi que plusieurs espèces de tortues marines et de mammifères marins. Comme une immense forêt tropicale transposée sous l’eau, cette mer abrite une extraordinaire diversité d’habitats : récifs coralliens, herbiers marins, mangroves, zones pélagiques profondes.

Pour le Vietnam, cette richesse écologique est à la fois un atout et une responsabilité. Des parcs nationaux marins et des zones de protection côtière ont été créés pour préserver les habitats critiques, tout en tentant de concilier les besoins des communautés de pêcheurs. Vous vous interrogez sur l’impact du tourisme ou de la surpêche dans cette mer ? La réponse se lit dans la santé de ces écosystèmes : coraux blanchis, stocks de poissons en déclin, mangroves dégradées… autant de signaux que le pays tente désormais de prendre en compte.

Récifs coralliens de nha trang et sanctuaires marins protégés

La baie de Nha Trang, sur la côte sud-centrale du Vietnam, est l’un des hauts lieux de la plongée sous-marine dans le pays. Ses eaux relativement claires et chaudes abritent des récifs coralliens qui, bien que fragilisés par le développement touristique et certaines pratiques de pêche, conservent une biodiversité remarquable. Les îles de Hòn Mun, Hòn Tằm ou encore Hòn Một sont entourées de jardins de coraux durs et mous, où évoluent poissons-perroquets, mérous, raies et invertébrés colorés.

Pour protéger ces espaces, le Vietnam a créé l’aire marine protégée de Hòn Mun, considérée comme la première réserve marine du pays. L’objectif est de limiter la pêche destructive (pêche à l’explosif, au cyanure), d’encadrer les activités de plongée et de sensibiliser les visiteurs à la fragilité des récifs. Comme un « parc national sous-marin », cette zone illustre la volonté des autorités de faire de la conservation un pilier de la stratégie maritime nationale.

Les sanctuaires marins ne se limitent pas à Nha Trang : d’autres zones protégées existent à Côn Đảo, Phú Quốc ou encore dans certaines parties de la baie d’Halong. Pour les voyageurs curieux de comprendre quelle mer borde le Vietnam au-delà des simples cartes, une excursion encadrée de snorkeling ou de plongée, réalisée avec des opérateurs responsables, constitue une expérience à la fois esthétique et pédagogique.

Mangroves du parc national de can gio et zones humides côtières

Aux portes de Hô Chi Minh-Ville, le parc national de Cần Giờ abrite l’une des plus vastes étendues de mangroves du pays, reconnue comme réserve de biosphère par l’UNESCO. Ces forêts amphibies, situées à l’interface entre la terre et la mer, jouent un rôle écologique essentiel : elles protègent les côtes contre l’érosion et les tempêtes, servent de nurserie à de nombreuses espèces de poissons et de crustacés, et stockent d’importantes quantités de carbone.

Pour les habitants, les mangroves de Cần Giờ et d’autres régions côtières (comme Ca Mau ou le delta du Mékong) sont aussi une source de revenus : pêche artisanale, récolte de crabes, d’huîtres, d’escargots de mer, sans oublier l’écotourisme naissant. Imaginez ces mangroves comme un immense berceau pour la vie marine, où les jeunes poissons trouvent abri avant de rejoindre le large de la mer de Chine méridionale.

Cependant, ces zones humides côtières sont menacées par l’urbanisation, les projets d’aquaculture intensive et la montée du niveau de la mer. Le Vietnam a donc engagé des programmes de replantation de palétuviers, de régulation des concessions aquacoles et de sensibilisation des populations locales. Protéger les mangroves revient, en quelque sorte, à renforcer un bouclier naturel face aux risques liés au climat et à préserver la productivité de la mer qui borde le Vietnam.

Migrations des mammifères marins dans le détroit de luzon

Même si le Vietnam n’est pas directement bordé par le détroit de Luzon, situé plus à l’est entre Taïwan et les Philippines, les dynamiques océaniques de cette zone influencent la mer de Chine méridionale dans son ensemble. Le détroit de Luzon constitue une porte d’entrée pour les courants océaniques et pour certaines espèces migratrices, notamment des cétacés (baleines, dauphins) qui transitent entre le Pacifique Ouest et la mer de Chine méridionale.

Les observations de mammifères marins au large des côtes vietnamiennes restent encore limitées, mais des études indiquent la présence saisonnière de plusieurs espèces de dauphins et de petites baleines. Ces animaux suivent les gradients de température, les courants et la disponibilité en nourriture, un peu comme des voyageurs qui choisiraient leur itinéraire en fonction des meilleures escales. La connectivité écologique entre le détroit de Luzon et les eaux vietnamiennes rappelle que la mer qui borde le Vietnam fait partie d’un système océanique plus vaste.

À mesure que la recherche scientifique progresse, les autorités vietnamiennes pourraient être amenées à intégrer davantage ces migrations dans leurs politiques de conservation. La mise en place de couloirs écologiques marins, la réduction du bruit sous-marin lié au trafic maritime et la lutte contre la pollution plastique sont autant de leviers pour préserver ces grands voyageurs de la mer.

Enjeux géopolitiques contemporains en mer de chine méridionale

La mer de Chine méridionale est souvent décrite comme l’un des points chauds géopolitiques de la planète. Au-delà de la question de « quelle mer borde le Vietnam », c’est tout un ensemble de tensions autour des frontières maritimes, des ressources naturelles et de la liberté de navigation qui se joue dans cet espace semi-clos. La présence de grandes puissances navales, la militarisation de certains îlots et les revendications maritimes concurrentes créent un climat de vigilance permanente pour Hanoï.

L’une des principales sources de friction réside dans la fameuse « ligne en neuf traits » (ou « nine-dash line ») revendiquée par la Chine, qui englobe une large partie de la mer de Chine méridionale, empiétant sur les ZEE de plusieurs États riverains, dont le Vietnam. En 2016, la Cour permanente d’arbitrage a jugé que cette ligne n’avait aucun fondement juridique au regard de la CNUDM, mais Pékin continue de la défendre. Pour le Vietnam, cette situation se traduit par des incidents réguliers : incursions de navires de recherche, harcèlement de bateaux de pêche, perturbation d’opérations d’exploration pétrolière.

Face à ces pressions, le Vietnam adopte une stratégie en trois volets. D’abord, il renforce ses capacités de garde-côtes et de surveillance maritime, afin de mieux protéger ses pêcheurs et ses installations en mer. Ensuite, il mise sur la diplomatie multilatérale, en travaillant au sein de l’ASEAN et avec des partenaires comme l’Union européenne, le Japon ou l’Australie pour promouvoir le respect du droit international. Enfin, il cherche à diversifier ses partenariats énergétiques et sécuritaires, afin de réduire les vulnérabilités liées à d’éventuels blocages en mer.

Pour vous, lecteur ou voyageur, ces enjeux peuvent sembler éloignés d’un séjour sur une plage de Phú Quốc ou d’une croisière à Hạ Long. Pourtant, ils conditionnent la stabilité de la région, les flux commerciaux, les prix de l’énergie et même la capacité du Vietnam à continuer de tirer parti de la mer qui le borde. À moyen et long terme, la capacité des États riverains à conclure un code de conduite solide en mer de Chine méridionale sera déterminante pour l’avenir de cet espace partagé.

Activités économiques maritimes du vietnam en mer de chine méridionale

L’économie vietnamienne est profondément tournée vers la mer. On estime que les activités liées aux zones côtières et maritimes – pêche, aquaculture, exploitation pétrolière et gazière, transport maritime, tourisme côtier – représentent jusqu’à 50 % du PIB national si l’on inclut les secteurs indirectement dépendants. Comme une grande autoroute bleue, la mer de Chine méridionale permet au Vietnam d’importer des matières premières, d’exporter ses produits manufacturés et agricoles, et de connecter ses ports au reste du monde.

Le secteur de la pêche, en particulier, illustre ce lien étroit. Des centaines de milliers de navires de toutes tailles sillonnent quotidiennement les eaux vietnamiennes, depuis le golfe du Tonkin jusqu’au large du delta du Mékong. Pour les communautés littorales, la mer est à la fois un lieu de travail, une source de nourriture et un élément central de la culture. Mais la surexploitation des stocks, la concurrence avec des flottilles étrangères plus puissantes et les risques liés aux tensions régionales rendent l’avenir de cette activité incertain, si aucune gestion durable n’est mise en œuvre.

En parallèle, l’exploitation des hydrocarbures offshore reste un pilier de la stratégie énergétique vietnamienne. Des gisements situés au large de Vũng Tàu, Nam Côn Sơn ou Cửu Long fournissent une part importante du gaz et du pétrole consommés dans le pays. Ces ressources contribuent à la sécurité énergétique, mais nécessitent des investissements lourds et une technologie avancée, souvent obtenus via des partenariats avec des compagnies étrangères. Là encore, la stabilité juridique et politique en mer de Chine méridionale est un facteur clé pour attirer et sécuriser ces investissements.

Enfin, le tourisme côtier et insulaire connaît une croissance rapide, notamment autour de Đà Nẵng, Nha Trang, Phú Quốc et Côn Đảo. Si vous envisagez un voyage au Vietnam, il y a de fortes chances que vous passiez plusieurs jours au bord de cette mer, que ce soit pour vous détendre sur une plage, pratiquer la plongée ou découvrir des villages de pêcheurs. Le défi pour le pays consiste à développer cette manne touristique sans dégrader les écosystèmes marins, en promouvant des pratiques responsables : gestion des déchets, limitation des constructions en front de mer, protection des récifs et des mangroves.

En définitive, répondre à la question « quelle mer borde le Vietnam ? » revient à embrasser un ensemble complexe de réalités économiques, écologiques et géopolitiques. La mer de Chine méridionale, ou Mer de l’Est pour les Vietnamiens, est à la fois une frontière, une ressource, un espace de vie et un théâtre d’enjeux internationaux. Comprendre son rôle, c’est mieux saisir le présent et l’avenir de ce pays côtier au cœur de l’Asie du Sud-Est.